Lorsqu’il retourne voir Suzanne sur le bord de la clôture après sa victoire, Carl lui explique qu’il a perdu la carte quelques instants après son birdie. Est-ce une séquelle à retardement de sa commotion cérébrale de 1970 ?
Suzanne a tôt fait de lui faire oublier cette idée : « Voyons, Carl, t’as sauté partout ! Tu t’es rendu jusqu’au fond du terrain et tu as tapé dans les mains de tout le monde ! »
Carl est très sceptique.
Il lui arrive de réagir fortement à un birdie et de taper dans les mains de quelques personnes à l’occasion, mais sauter partout ? Sûrement pas.
Suzanne doit exagérer.

Lorsque son match est diffusé à la télévision, Carl est incrédule. Voici ce qu’il voit :
Les paroles du régisseur Guy Bélanger sont complètement inaudibles. Carl semble jouer son coup de son propre chef. A-t-il tout imaginé de cette interaction ?
Dès que sa balle pénètre au trou, Carl écarte les bras à s’en déboiter les épaules et saute si haut que ses pieds atteignent pratiquement son bassin !
Serge hurle « BIIIIRRRRDDDIIEE ! » à s’en briser les cordes vocales !
Comme un coureur à l’épreuve du cent-dix mètre haies, Carl court le long de la clôture en effectuant de grands bonds. Ses genoux dépassent le sommet de la clôture haute d’un mètre !
De la main gauche, Carl fait de grands gestes avec son bâton comme un tambour-major de fanfare !
De la main droite, il tape de toutes ses forces dans les mains tendues des spectateurs !
Lorsque l’image le montre revenir vers la cabane, les événements correspondent finalement à sa mémoire.
Cette réaction plus grande que nature porte un nom désormais immortel dans la discipline : « La Course de Versailles ».

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