Tout de suite après le treizième match de la saison 1992, où Carl a remporté ses 1 250 $ qui lui ont permis d’entrer in extremis dans la grande finale, c’est maintenant le temps d’enregistrer la deuxième bagarre hors-concours de la saison. Encore une fois, dix trous ont été choisis au hasard parmi ceux proposés par le parcours Mini.
Fort de son expérience en bagarre du huitième match et encore fébrile grâce à l’adrénaline qui lui court dans les veines, Carl prend place au premier trou en compagnie de neuf autres compétiteurs, dont sa femme Suzanne, Jocelyn Noël, André Dugas, Patrick Leclerc, Robin Claveau et son nouvel ami Sylvain Boucher.
Champion aux bourses du dernier match officiel, c’est Carl qui brise la glace. Il contourne la coupe de droite à gauche, puis inscrit la normale. Les huit participants suivants ne commettent pas d’erreur, mais une fois le tour de Suzanne, elle frappe de plein fouet le totem et se voit éliminée d’emblée en inscrivant le bogey.
Au quatrième jeu, c’est son ancien compagnon d’armes Patrick Leclerc qui mord la poussière avec une distance de 90 centimètres. Jocelyn Noël résiste un trou de plus et s’incline au Chameau avec une distance à la coupe de 45 centimètres. Il fixe alors la caméra l’air de dire : je me reprendrai à la finale, quand ça comptera vraiment !
Robin Claveau quitte, puis André Dugas est le prochain à céder, lui qui a plusieurs matchs d’expérience au petit écran. Finalement, Carl, Sylvain Boucher et Pierre Lamarre se présentent à l’avant-dernier trou de la bagarre, joué au Monstre. Sylvain inscrit la normale, et Pierre effectue le birdie.
Carl joue un peu trop lentement, passe bien à gauche de l’objectif et inscrit lui aussi une normale.
Le gagnant du trou sera donc décidé à l’issue d’une lutte à deux entre l’élève et son maître. Sylvain joue premier et envoie sa balle directement dans la coupe. La distance à battre est de zéro centimètres; le seul espoir de Carl consiste maintenant à égaliser le birdie pour retourner en double bagarre.
L’issue de son match sans lendemain se joue ici. Carl s’installe au coin gauche du tapis de départ. Il aimerait remporter la victoire afin de se pratiquer pour la bagarre finale, donc décide spontanément que ce coup mérite une concentration accrue. Il prend une longue inspiration et bloque son diaphragme.
Serge met cartes sur table : « Birdie, sinon c’est terminé ! »
Guy Bélanger prononce à nouveau les mots magiques : « Vas-y mon Carl ! »
Il ajoute un tout petit peu plus de vitesse que sur son coup initial. Sa balle quitte le tapis de départ.
Carl s’agenouille pour en voir la trajectoire et réfléchit à voix haute : « Qu’est-ce qui va arriver, ce coup-là ? QU’EST-CE QUI VA ARRIVER, CE COUP-LÀ ? »
Il a malheureusement eu assez de miracles dans une même journée; sa balle frappe à nouveau le coin inférieur gauche de la coupe, mais sa vitesse un peu trop importante la fait dévier, et elle dévale la pente.
Serge annonce sombrement l’élimination de Carl : « Carmoni sur les genoux, c’est terminé ! »
Cependant, tout n’est pas noir pour Carl, bien au contraire. Il s’agit seulement d’un match hors-concours qui vient tout de même de lui rapporter 275 $ d’espèces sonnantes et trébuchantes.
De plus, Carl a même réussi au cours de ce match à transformer en carrosse doré la citrouille de sa disqualification équipe au Mini-Putt de Boucherville.
En effet, c’est en pratique pour ce tournoi désastreux qu’il s’est mérité un coupon du Club Sélect Birdie en réussissant dix fois le dix-huitième trou. Au retour d’un bloc publicitaire, la superviseure du concours Evelyn Hoida pige parmi les quatre-vingt-quatre coupons les noms de Carl Carmoni et de Jocelyn Noël, et les deux joueurs remportent chacun un forfait d’une fin de semaine au complexe Alpine Inn. Suzanne et lui pourront donc aller passer une fin de semaine à y jouer tranquillement au golf à l’automne pour décompresser !
Au chapitre de la bagarre, c’est finalement Pierre Lamarre qui a le dessus sur Sylvain Boucher au mesurage, en logeant sa balle onze centimètres plus près de la coupe que son adversaire.

Carl bénéficie maintenant de quelques heures de pause. Le troisième match de la journée est une finale couple-mixte qui oppose l’équipe de Jocelyn Noël et Rachel Routhier à celle de Noël et Claudette Claveau, les parents de Robin qui participait au match précédent.
Les Carmoni ont prévu le coup et ont réservé une chambre dans l’hôtel qui borde le terrain.
Carl a donc le temps d’aller prendre une douche et de se reposer avant la grande finale. Sa bourse remportée à l’arrachée et sa défaite à l’avant-dernier trou de la bagarre précédente lui donnent toute la motivation dont il a besoin pour espérer triompher. Il a la ferme intention de ne pas reproduire sa mésaventure au cinquième jeu de la finale 1991, alors qu’il avait été le seul à inscrire un bogey.
Pour sa part, Suzanne a discrètement obtenu elle aussi une place en finale avec son pointage de 30 dans son seul match en saison régulière. Elle qui a connu d’excellentes performances à sa première apparition au petit écran se dit que tout est possible en bagarre, et qu’elle pourrait bien ravir les honneurs !
De son côté, Jocelyn Noël est gonflé à bloc. Après tout, il vient non seulement de remporter son tout premier trophée à la télévision en remportant la finale couple-mixte avec Rachel, mais aussi de réaliser une saison record. Il a en effet inscrit de toutes nouvelles marques en termes de birdies consécutifs et de birdies dans un match, en plus d’égaliser celle du nombre d’apparitions consécutives de Carl. Comme il s’est rendu au tout dernier trou de la finale 1991 et que son grand ami Paul Boucher ne sera pas présent cette fois pour lui opposer une féroce compétition, il voit déjà son nom sur le trophée.

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