Le quatrième match de Carl et de Sylvain en saison 1993 est le dernier tournage de la journée. Ils sont épuisés d’avoir maintenu ce train d’enfer pendant les trois parties précédentes, mais doivent puiser en eux la force de maintenir la pression pour un dernier dix-huit trous. Leurs adversaires sont Jacques Beaulieu et Claude Chicoine ainsi que Serge Guérin et Réjean Grenier.
Le champion 1990 est toujours aussi efficace, et son équipe inscrit dès le départ quatre birdies en cinq trous. L’équipe Boucher / Carmoni semble pour sa part avoir tout donné. Leurs balles ne trouvent plus le chemin de la coupe. La balle de Carl s’arrête tout juste à côté de la coupe au Billard, alors que Sylvain réussit en relève leur premier trou d’un coup du match.
Sans doute grâce à la fougue de la jeunesse, Sylvain commence alors une séquence de quatre trous d’un coup consécutifs. L’équipe trouve aussi le moyen de récolter 500 $; les voilà partis, tardivement certes, mais Carl a déjà vu situation plus désespérée dans ses matchs télévisés.
Au Chameau, Sylvain frappe une balle trop rapide. Elle passe la deuxième bosse, et il inscrit le bogey en tentant de la rediriger vers la coupe. Ne voulant pas répéter la même situation, Carl modère sa vitesse, avec des résultats prévisibles : sa balle ne monte même pas la première bosse et ressort du jeu par l’avant. Ils inscrivent un pointage de 3.
Sylvain continue de tenir l’équipe à lui seul, avec trois birdies répartis entre le Slalom et le Monstre. Carl connaît finalement une bonne séquence en réussissant coup sur coup le dix-septième et le dernier trou.
Malheureusement, malgré une excellente récolte de 1 350 $, l’équipe termine dernière avec une carte de 28. Grenier et Guérin ont connu un très bon match de 26, et Beaulieu et Chicoine complètent le tableau avec 27.
Carl et Sylvain cèdent donc le pas après quatre parties. Ce n’est certes pas une séquence de victoires historiques comme en saison 1991, mais leur excellente performance en équipe leur a quand même ouvert les portes de la grande finale. Ils ont inscrit quarante-trois points en quatre matchs, ce qui sera très difficile à battre : il faut à la fois qu’une autre équipe réussisse plus de dix trous d’un coup par match et qu’elle maintienne ce niveau d’excellence pendant plusieurs rencontres.
Les deux amis quittent donc le terrain de St-Eustache avec le sentiment du devoir accompli.

Le prochain enregistrement a lieu à Hull à la fin mai 1993, ce qui constitue un véritable record de distance pour les participants. Ce terrain se trouve en effet à pas moins de deux cents kilomètres du Jean-Talon. Les aspirants doivent donc arriver quelques jours avant le tournage des matchs pour avoir le temps de le maîtriser.
L’un des joueurs qui foulera le premier ce nouveau terrain est Ron Poliseno. Fort de sa performance dans les tournois de la saison 1992, il a remporté sa place pour la formule en équipe. Prévoyant, il arrive trois jours avant les enregistrements. C’est alors que la pluie incessante se met de la partie – il est tout à fait impossible de pratiquer à l’exception d’une courte accalmie la veille du tournage.
De plus, le terrain de Hull semble commandité par une entreprise de béton : toutes les bosses ont été coulées beaucoup plus hautes qu’ailleurs en province. Même le dix-huitième trou est une véritable forteresse à escalader. Selon les plans officiels, deux marches suffisent pour que le joueur monte sur le plateau; c’est plutôt trois qui sont requises à Hull !
Lors de la pige, Ron apprend qu’il jouera en compagnie de Sylvain Cazes, qu’il connaît très bien car le jeune joueur fréquente sa ligue du terrain de Saint-Eustache dont il est le propriétaire. Leurs adversaires sont évidemment les vainqueurs du quatrième match Réjean Grenier et Serge Guérin. Les deuxièmes aspirants sont Lise Côté et Michel Paradis.
Malgré leur manque de pratique causé par la pluie incessante, le duo Poliseno / Cazes connaît une excellente partie avec dix trous d’un coup. Ils ont trois coups d’avance sur leurs plus proches poursuivants et inscrivent ainsi dix points au tableau pour la grande finale.
Le prochain match les oppose à Suzanne Carmoni et Dari Cliche, un jeune joueur de dix-neuf ans en provenance de Black Lake, ville voisine de Thetford Mines. Sans savoir qu’elle serait jumelée à Dari, Suzanne a pratiqué avec lui la veille, où elle a pu se rendre compte du talent du jeune homme. La vétérane de TVSQ Céline Désautels ainsi que Jacques Clairmont complètent le tableau.
Suzanne est aux premières loges pour constater que la pression de l’enregistrement télévisé n’affecte pas beaucoup Dari. Ils opposent ainsi une dure lutte aux gagnants de la rencontre précédente. Au dernier trou, c’est l’équipe Carmoni / Cliche qui détient dix birdies, contre neuf pour chacune des deux autres formations. C’est cependant l’équipe Poliseno / Cazes qui a obtenu le plus de bourses – en cas d’égalité au pointage, c’est l’argent accumulé par chaque duo qui sert de bris d’égalité.
Voulant préserver son avance sur ce qui est possiblement le dix-huitième jeu le plus difficile en province, Suzanne joue bien à gauche pour revenir près de l’objectif sur le retour arrière. Elle inscrit la normale. Dari tente le birdie. L’énorme montée exige une tout aussi grande vitesse; ayant visé la coupe par la porte avant, le joueur de Black Lake voit sa balle la heurter durement et être projetée vers la droite.
Si Ron et Sylvain veulent remporter le match, ils doivent jouer un coup parfait. Sylvain tente le même coup que Dari, avec des résultats similaires. Cependant, au lieu de se faire éjecter du côté droit, sa balle saute plutôt vers l’arrière, contre la bande de fond. Animée d’assez de vitesse pour revenir à la coupe, elle y pénètre tout à fait par surprise !
Ron saute dans les bras de son jeune collègue, qui, tel un magicien, vient véritablement de sortir un lapin de son chapeau en réussissant ce trou d’apparence impossible. L’équipe Poliseno / Cazes vient ainsi de remporter le match et ajoutent de ce fait dix autres points au tableau, pour un total de vingt.
À l’issue de leur troisième match, joué contre Martin Ayotte et Martin d’Andrieu ainsi que leurs amis Lucie et Gilles Bussières, ils ne peuvent inscrire que quatre trous d’un coup dans toute la rencontre. Les Bussières remportent la prolongation contre Ayotte et d’Andrieu et passent au match suivant comme champions.
Ron et Sylvain terminent donc leur séquence de victoires avec vingt-quatre points, ce qui les place en deuxième position derrière l’équipe Carmoni / Boucher, détenteurs d’une avance confortable avec quarante-trois points.
La dernière équipe qui se classe en finale est formée du nouveau vétéran Patrick Leclerc, celui-là même qui est passé directement en finale 1992 avec sa ronde inattendue de 29 en même temps que Carl passait lui au niveau des bourses, ainsi que de Valérie Noël, la fille des nouveaux propriétaires du terrain de Delson. Malgré le même patronyme que le désormais célèbre analyste Jocelyn, elle n’est pas parente avec lui – sans doute partagent-ils un cousin très éloigné.
Unissant leurs forces, Leclerc et Noël disposent des Bussières par quatre coups et de l’équipe de François Laramée et François Talbot par un seul coup. Dès le départ, ils obtiennent ainsi huit points.
Comme Valérie a quatorze ans, elle est encore à l’école secondaire. Le prochain enregistrement a lieu à la fin juin, donc elle doit demander une dispense à ses professeurs pour pouvoir filmer son prochain match en pleine semaine d’examens. Bien évidemment, ceux-ci lui accordent la permission, car ne joue pas à RDS qui veut.
Le Défi Mini-Putt continue sa visite de l’Outaouais avec la prochaine séance de quatre matchs enregistrée au Mini-Putt de Gatineau. Valérie et Patrick remportent leur deuxième match contre de grands noms de la discipline : Réjean Grenier fait équipe avec Suzanne Carmoni, alors que Gilles Bussières est associé à Pierre Lamarre. Malgré tout, l’équipe Noël / Leclerc parvient à inscrire un birdie de plus que leurs poursuivants.
Finalement, Patrick et Valérie connaissent la défaite avec cinq birdies contre Lucie Bussières et Paul Boucher, qui en ont inscrit pas moins de douze. Avec vingt-trois points, ils sont tout juste classés sous l’équipe Poliseno / Cazes.
Lors de la toute dernière partie de la journée, les équipes de Carl Carmoni et André Dugas ainsi que de Claude Ricard et Hélène Brousseau offrent une chaude lutte aux champions.
À la toute fin de la rencontre, toutes les équipes sont encore dans la course avec sept birdies chacune. Carl et André créent la surprise en remportant la victoire en prolongation. Comme l’équipe Noël / Leclerc a vingt-trois points, l’équipe de Dugas pourrait les dépasser en inscrivant seize birdies en dix-huit trous à leur match suivant.
Carl est déjà classé en première place, donc c’est Patrick Leclerc qui prendrait sa place avec André car il a inscrit plus de birdies que Valérie.
Comme les Buist ont déjà joué un match de 19, cette victoire à l’arrachée d’André Dugas est possible quoique très difficile.
Carl et André prennent donc le chemin de Longueuil à la fin juillet 1993 pour enregistrer le dernier épisode en saison régulière. Ils connaissent un bon début de match, mais inscrivent trois normales au troisième, quatrième et septième trou, ce qui les empêche d’inscrire la ronde record de seize trous d’un coup requise pour qu’André passe en finale.
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