Bien que la saison 1993 du Défi Mini-Putt n’ait enregistré aucun match au terrain Jean-Talon, c’est à ce terrain fondateur que se jouent les quatre premières parties de l’édition 1994. La formule par équipes a duré une seule année, car c’est également le retour des matchs en simple.
Le changement principal de cette saison est de retirer le concept de champion en titre. Le gagnant (ou la gagnante) de chaque match est ainsi classé d’office en quart de finale, et quatre nouveaux aspirants compétitionnent lors de l’épisode suivant.
Les six premiers matchs sont joués sur le traditionnel parcours du Mini. À partir du septième épisode, le parcours du Maxi est présenté pour la première fois aux téléspectateurs, lui qui servait jusqu’alors d’arrière-plan aux rencontres.
Les deux premiers épisodes de la saison sont des parties hors-concours entre divers représentants des médias. C’est donc à la troisième rencontre que commence officiellement la compétition de la saison 1994. Les anciens partenaires Ron Poliseno et Sylvain Cazes ont mérité leurs places du fait de leur victoire en grande finale 1993, mais ils doivent maintenant s’affronter pour espérer triompher; les vétérans Pierre Brousseau et Gilles Bussières complètent le tableau.
Ron assume plus que jamais son surnom, car il s’est coiffé d’un chapeau noir orné d’un squale miniature. Son couvre-chef provient de la ligne de vêtements du golfeur Greg Norman, le Grand Requin Blanc du golf professionnel de la PGA. Derrière son micro, Serge trouve la situation humoristique – la partie n’est cependant pas drôle pour Ron, car il connaît un match en dents de scie.
Le vétéran, qui a connu le succès en couple-mixte, en simple et en équipe, n’a plus l’esprit à la compétition car il s’implique de plus en plus en coulisses dans la production de l’émission tout en exploitant son propre terrain de Saint-Eustache. De plus, son ancien coéquipier lui a fait réaliser que la relève est fin prête – il peut leur céder le plancher sans regrets. À l’issue de son match, où il joue la normale avec un pointage de 36, il annonce sa retraite de joueur professionnel, ce à quoi Serge refuse résolument de croire.
L’émission réintroduit également le concours de trous d’un coup chanceux qui avait connu de belles années à TVSQ. Les spectateurs du match remplissent un coupon de participation, puis on tire quelques noms au hasard. Ces heureux élus peuvent alors tenter leur chance sur le dix-huitième trou.
Lors du premier match officiel 1994, une de ces participantes est nulle autre que Karinne Carmoni. À l’âge de huit ans, elle a la chance de fouler le même parcours que son père et sa mère sous l’œil des caméras. Dans son cas, une seule balle fera foi de tout. C’est le coup parfait, ou on repart bredouille !
Karinne et son frère Pascal grandissent sur les terrains de Mini-Putt à suivre leurs illustres parents dans les divers tournois en province. Elle sait donc manier un putter – Carl lui a même déjà appris la méthode de Réal Guimond pour contrôler sa ligne et sa vitesse. Avant qu’elle n’entre en ondes, il lui donne un dernier conseil : « Essaie un retour arrière en touchant un peu à gauche du trou sur la bande de fond, vitesse normale plus deux »[i].
Habituellement, les spectateurs pigés pour le birdie chanceux passent bien à l’écart de l’objectif. Ce n’est pas le cas de Karinne – le sang des Carmoni coule dans ses veines, avec tout le talent que ça implique.
Sa balle monte la pente, frappe la bande de fond, puis revient à gauche de la coupe. Elle semble vouloir passer un peu à l’écart – une légère pente du plateau la fait finalement courber vers la droite.
C’est le birdie !
Les deux premiers matchs en compétition officielle permettent de classer Gilles Bussières et Martin Émond dans le premier quart de finale.
L’émission prend ensuite le chemin du Mini-Putt de Terrebonne, là même où Carl et Suzanne avaient fait leur grand retour en 1990. Ce terrain, une copropriété de Claude Allen, Freddy Desbiens et Ron Poliseno, accueille deux matchs sur le Mini et deux matchs sur le Maxi.
Les deux derniers matchs de qualification du Mini permettent à Michel Durand et à Dari Cliche de compléter le premier carré d’as, puis c’est le moment tant attendu : les téléspectateurs peuvent enfin découvrir le Maxi !
Serge perd alors les repères qu’il s’est établi depuis ses débuts à TVSQ à commenter exclusivement des matchs sur le Mini. Heureusement, Jocelyn Noël est de retour à l’analyse encore une fois cette année et l’aide à aborder ce tout nouveau parcours. En prévision de ce changement historique, le joueur élite de Beauport a visité la piste de Terrebonne avant les enregistrements pour se faire sa propre idée.

Oublions le Totem du Mini et sa ligne droite qui mène sans drame à l’objectif. Le premier trou du Maxi, Les Cailloux, dispose de deux trappes qui bloquent le chemin direct vers la coupe. Le joueur doit faire rebondir sa balle contre une bande de déviation diagonale et la bande de côté pour les contourner et atteindre la cible.

Jocelyn tente de convaincre un Serge plus que sceptique que le septième trou, La Coulée, est plus facile qu’il en a l’air. La nature même de ce trou est de garantir un birdie, qui pourra être perdu par la suite sur un jeu plus difficile. Serge l’a lui-même essayé et n’est pas convaincu.
L’objectif est de loger sa balle entre deux collines inclinées qui forment un vallon vers la coupe. Le secret réside dans l’élan. Les trous du Mini exigent habituellement une bonne continuité de mouvement pour garantir une rotation parfaite de la balle. La Coulée requiert plutôt un coup frappé très sec qui lui permet de sauter entre les deux bosses et de chuter dans la coupe sans dévier.
Peu de joueurs maîtrisent alors cette nouvelle technique, et le résultat est rapidement désastreux. Victimes de leur élan imparfait, plusieurs passent par-dessus les deux bosses et se perdent au fond du plateau de jeu. C’est alors un bogey pratiquement automatique. Voulant éviter cette situation, d’autres jouent dans la partie la plus basse de la coulée pour s’assurer de chuter directement au plateau inférieur, mais leur balle dévie facilement car elle ne se fait pas guider par le vallon.
Après sept autres jeux, les joueurs arrivent finalement au redoutable Super Monstre. Malgré les histoires d’horreur promises par ce trou hors-normes, les participants du tout premier match Maxi inscrivent respectivement un birdie, deux normales et un bogey. L’effondrement promis n’est donc pas pour aujourd’hui.
Lorsque les deux matchs Maxi sont terminés, c’est Martin d’Andrieu et Richard Salvas qui sont classés pour le deuxième quart de finale.
Les huit matchs suivants sont enregistrés en deux séances à un mois d’intervalle au Mini-Putt de Saint-Eustache. C’est finalement l’entrée dans la course de Carl Carmoni.
En pratiquant le parcours, Carl a découvert quelques trucs inhabituels mais aussi très risqués sous les yeux de Jocelyn Noël, qui assiste à la préparation des participants pour bonifier son analyse.
Dès le départ, Carl réussit le premier jeu. Son birdie suivant, non le moindre, est joué sur une Coulée beaucoup plus difficile que la moyenne. Lors de la construction du terrain de Saint-Eustache, la distance entre les deux bosses spécifiée dans les plans qui est prévue pour tenir fermement la balle dans le vallon n’a pas été respectée. Il est donc presque impossible de réussir le trou d’un coup, car la balle dévie aléatoirement pendant sa descente entre les deux collines beaucoup trop espacées.
Comme Carl maîtrise le coup frappé très sèchement à la perfection, il est possiblement le seul joueur qui ne compte pas sur la chance pour réussir un birdie à ce trou. Sa balle bondit vivement sur la première bosse, puis retombe dans le vallon pratiquement à l’arrêt. Dépourvue de mouvement latéral, elle descend en ligne droite sans dévier et tombe comme prévu dans la coupe.
Au treizième trou, Le Facile, la soucoupe qui permet d’assurer un trou d’un coup pratiquement automatique a été creusée correctement dans le béton, contrairement au terrain du Terrebonne qui a inauguré ce parcours à la télé, mais ça ne paraît pas très bien à l’écran. Un Serge très étonné prédit tout d’abord que Carl réussit le birdie, puis qu’il le rate, pour finalement se raviser une dernière fois quand il voit la balle faire pas moins d’un tour et demi autour de la coupe avant de s’y loger !
« Là, monsieur, on appelle ça déjouer le commentateur », déclare-t-il médusé à Jocelyn, qui lui donne aussitôt l’heure juste en lui expliquant que l’anomalie était plutôt au treizième trou Maxi de Terrebonne, dont la section arrière était plate comme une crêpe. La balle de Paul Boucher emprunte une ligne encore plus étrange que celle de Carl avant de se loger dans la coupe. Serge s’habitue donc rapidement à ne pas prédire le résultat tant que la balle des concurrents ne s’est pas complètement immobilisée.
Carl parvient à se classer pour le quart de finale en inscrivant sept birdies et aucune erreur, ce qui lui assure un pointage de vingt-neuf, un pointage exceptionnel pour le parcours qui le place sept coups devant son plus proche poursuivant Paul Boucher.
Mis à part Carl, qui a joué un match fait uniquement de birdies et de normales, les autres aspirants ont connu au moins trois bogeys chacun et n’ont pas inscrit des fiches inférieures à 36, la normale du parcours. Le Maxi est fidèle à sa réputation; il est spécialement conçu pour donner du fil à retordre à tous, même aux meilleurs joueurs de Mini-Putt de la province.
Lucie Bussières mérite la quatrième et dernière place du quart de finale Maxi au tout dernier match en saison régulière. On joue maintenant le premier match éliminatoire sur le Mini, où Gilles Bussières et Dari Cliche entrent par la grande porte en finale en inscrivant les deux meilleurs pointages.
Le carré d’as du parcours Maxi est composé de Martin d’Andrieu, Richard Salvas, Carl Carmoni et Lucie Bussières. C’est donc une brochette d’excellents joueurs qui tente de décrocher les deux places restantes du championnat.
Carl inscrit d’entrée de jeu deux birdies rapides. Il prend pas moins de trois coups d’avance sur Lucie, qui connait un double-bogey au premier trou en manquant la barre de déviation et en tombant directement dans la deuxième trappe, ainsi que cinq coups sur Richard Salvas, qui vit l’enfer au deuxième jeu, l’Escalier.
Lucie a la force de caractère requise pour oublier sa contreperformance dès les deux trous suivants. Elle récolte ainsi encore une fois les fruits de son dur apprentissage contre le couple Buist dans les années quatre-vingt à TVSQ. Elle commence donc le quatrième jeu avec six coups inscrits à sa fiche, ce qui remet à zéro le compteur d’erreurs à effacer.
Carl subit une rare malchance au sixième trou, La Cachette, d’ailleurs très similaire au Billard du Mini. Le joueur doit là aussi effectuer un long coup pour revenir à l’objectif situé tout près du départ. Ratant sa normale, il inscrit un bogey, qu’il efface à La Coulée en exécutant encore une fois un coup frappé parfait.
Martin d’Andrieu connaît aussi une excellente partie et maintient l’égalité en tête avec Carl. Le douzième jeu, La Soucoupe, contient l’erreur de construction typique des terrains construits dans les années 1980 : nulle trace de l’enfoncement circulaire autour de la coupe qui donne son nom au trou. On ne peut donc pas compter sur cette dénivellation pour atteindre l’objectif – il faut absolument jouer la ligne parfaite.
De plus, une déviation de l’arrière vers l’avant dans la dalle de béton éjecte les balles jouées un peu trop rapidement vers le tapis de départ, ce qui empêche de jouer une normale. Comme Carl veut prendre une avance sur Martin avant de jouer le Super Monstre, c’est maintenant le temps pour lui de tenter un coup miracle.
Avant son match télévisé, le vétéran a trouvé une ligne extrêmement risquée qui emprunte rien de moins que quatre rebonds sur les bandes extérieures et qui profite de la déviation de la dalle de béton qui nuit habituellement aux participants pour fournir l’effort final.
Pour ajouter au niveau de difficulté déjà extrêmement élevé, Carl doit en plus frapper une balle coupée pour y parvenir. Un élan habituel voit le putter tracer un mouvement parfaitement droit de l’arrière vers l’avant, impartissant seulement une rotation vers l’avant à la balle.
Dans le cas d’une balle coupée, il faut ajouter un mouvement latéral de droite à gauche au putter à l’impact. Animée d’un inhabituel mouvement diagonal, la balle accorde une meilleure répétabilité de la trajectoire lors de multiples rebonds.
Carl place sa balle au coin gauche du tapis de départ. S’il rate un seul élément de son coup très difficile, il risque un bogey ou encore pire. Ce n’est pas le temps de jouer conservateur. Son souffle est déjà bloqué depuis quatorze secondes.
Son putter Zebra revient rapidement vers l’avant tandis que les bras de Carl tracent une ligne de droite à gauche. La balle file vers la bande de droite en tournant en diagonale. Elle la frappe durement, puis traverse le jeu vers le coin opposé, frappant la bande de fond et celle de gauche en succession rapide.
Ces deux impacts rapprochés lui ont enlevé énormément de vitesse – c’est ce qui rend la ligne de Carl si risquée, car il faut jouer un coup beaucoup plus fort que raisonnable afin qu’il reste assez d’énergie à la balle après les trois premiers impacts pour un tout dernier rebond.
La balle frappe une dernière fois la bande de droite, cette fois beaucoup plus doucement. C’est maintenant l’aspect le plus critique : si le coup de départ était parfait, il lui restera tout juste assez de vitesse pour que la déviation du jeu la fasse courber lentement vers le trou. Sinon, elle se fera éjecter vers le départ, et les ennuis commenceront.
Carl a une bonne impression : aussi incroyable que cela puisse paraître, les quatre rebonds se sont tous produits au bon endroit sur les bandes. Son sort est maintenant entre les mains de l’ouvrier qui a mal nivelé la dalle de béton lors de la construction du terrain et qui lui a donné la faible pente dont son coup a maintenant besoin pour réussir.
Il supplie sa balle une dernière fois : « envoye la grand curve, ENVOYE LA GRAND CURVE ! »
Le miracle espéré a lieu : sa balle trace une courbe en forme de banane et tombe sans hésitation dans la coupe !

Serge est moins volubile que d’habitude, car il pense que Carl a bénéficié d’une chance inouïe sur son birdie : « Ne me dites pas que c’était le scénario prévu ! »
Jocelyn a vu Carl développer cette ligne unique en pratique et sait que son birdie n’est pas le fruit du hasard. Sa réplique à Serge semble toutefois dire le contraire : « Je ne le crois pas… » Il regrette ses mots aussitôt qu’ils quittent ses lèvres, car il veut plutôt dire qu’il ne pensait pas que Carmoni aurait le culot de tenter un coup aussi risqué devant les caméras. C’est trop tard : le ruban a enregistré sa réplique pour la postérité !
Fort de son trou d’un coup à La Soucoupe, Carl commence le treizième jeu, Le Facile, dans le but d’inscrire un deuxième birdie consécutif. La vitesse qu’il impartit à sa balle est cependant insuffisante, et celle-ci s’arrête tout juste devant la dénivellation. Sachant qu’il vient d’ouvrir une porte à ses adversaires qu’il pensait leur avoir refermée au douzième jeu, il complète sa normale et ramasse sa balle en hochant tristement la tête.
Lucie Bussières y parvient sans surprise, puis joue première au quatorzième jeu, La Fourche. Elle y inscrit aussi le birdie, ce qui l’assure de garder sa position de tête à l’infâme Super Monstre. Carl réussit également le trou d’un coup devant les deux normales de ses adversaires; il jouera deuxième.
Claudine Douville profite de la remontée spectaculaire de Lucie, maintenant la plus proche poursuivante de Carl avec trois coups de retard, pour lui parler quelques instants. En réponse à la question de l’animatrice qui veut savoir si son mari Gilles lui donne des trucs pendant la partie, Lucie est catégorique : « Non ! Il m’encourage et ça fait du bien, mais je sais jouer, quand même ! Pas besoin de ses conseils. »
Preuve de son expérience, elle a découvert tout comme Carl qu’il est suicidaire de tenter la normale au Super Monstre. Passant un peu à droite de la coupe sur son coup de départ, elle joue ensuite une balle très lente pour se rapprocher de l’énorme bosse afin d’inscrire un bogey facile. C’est là qu’elle fait preuve de malchance : sa balle passe tout juste à gauche de l’objectif, redescend de la bosse et s’éloigne. Elle inscrit finalement un double-bogey.
Carl a assisté aux difficultés de Lucie, qui vient de cimenter sa position de meneur en lui accordant cinq coups d’avance. Comme il maîtrise le quinzième jeu à la perfection, il veut quand même tenter le birdie. Dès l’impact, il sait que sa vitesse est parfaite, mais sa ligne semble passer un peu à droite de l’objectif. Voulant y croire jusqu’à la toute dernière seconde, il récite une litanie désormais célèbre : « Ça s’pourrait, ça s’pourrait, ça s’pourrait ! »
La faible vitesse de sa balle se conjugue à la pente de la bosse pour la faire dévier dans la coupe.
« Birrrrrdie ! »
À moins d’une erreur dans les trois derniers trous, il vient de confirmer sa place en grande finale. Il joue donc des coups plus conservateurs et conclut sa partie avec trois normales.
Pour sa part, Lucie a le haut du pavé sur Richard Salvas et Martin d’Andrieu par un seul coup. Les Bussières, mari et femme, s’affronteront donc dans le match ultime qui les opposera également à Dari Cliche et à Carl Carmoni.
Pour marquer l’arrivée du Maxi, la formule de la grande finale est un championnat de trente-six trous où chaque parcours est joué en succession par les quatre finalistes. Afin de faire entrer l’épisode dans sa case horaire habituelle, seuls six trous du Mini sont joués devant les caméras, puis la partie reprend sans interruption à partir du sixième trou du Maxi.
Depuis le début de la saison 1994, Claudine, Jocelyn et Serge y vont de leurs prédictions sur le gagnant du match. Comme quatre joueurs participent à chaque rencontre, c’est le réalisateur qui se fait attribuer par défaut celui ou celle qui n’a pas été choisi par les trois animateurs. Tout au long de la saison, on attribue un point pour chaque prédiction réussie.
Lors de l’enregistrement de l’introduction, les aspirants entendent la sélection du trio – la coutume veut que le choix du réalisateur n’ait pratiquement aucune chance de remporter son match. Assommé d’avoir été choisi dernier, son niveau de confiance chute brusquement et sa performance s’en ressent. Comme on le voit, c’est donc davantage une prophétie auto-réalisatrice qu’une véritable guigne.
Évidemment, les Bussières et Carl Carmoni sont choisis premiers car ils ont de multiples expériences dans des matchs aussi stressants. C’est donc le jeune Dari Cliche qui est le choix du réalisateur pour la grande finale.
Dès le départ, Carl est confiant de remporter la palme en raison de sa maîtrise du Maxi. Avant l’enregistrement du match, il fait part de sa stratégie à Jocelyn : s’il entame la deuxième portion du championnat avec trois coups ou moins de retard sur ses adversaires, il est à peu près sûr de gagner.
Au cours des dix-huit premiers trous, Carl connaît quelques difficultés, et c’est plutôt avec six coups de retard sur Gilles Bussières et Dari Cliche qu’il commence son match sur le Maxi. Sa victoire n’est pas encore impossible, mais il n’a plus droit à l’erreur.
Hors caméra, il inscrit un double-bogey au tout premier trou du Maxi, contre des normales pour ses adversaires. Huit coups de retard !
Fidèle à son habitude, il réussit La Coulée, puis parvient à tirer son épingle du jeu au difficile dixième trou, l’Achaland. Ce n’est pas encore suffisant pour reprendre la tête. Arrivant au douzième trou, il tente à nouveau son coup miracle – il en a bien besoin !
Carl coupe correctement sa balle. Cependant, celle-ci heurte la bande de droite à quelques centimètres à peine de l’endroit idéal – il a raté sa cible. Cette faible erreur s’accentue à l’impact de la bande de fond, puis encore davantage en frappant la bande de gauche. La balle passe ensuite bien à l’écart de la bande de droite – pas de quatrième impact, pourtant crucial. La pente du terrain prend le dessus et l’éjecte vers le tapis de départ.
N’ayant pas de ligne directe pour inscrire sa normale, Carl inscrit à contrecœur un autre double-bogey. C’est fini pour lui – il ne peut plus espérer rattraper son retard avec seulement six trous à faire.
Gilles Bussières remporte la grande finale avec un total de 60, suivi de près par Dari Cliche avec 63. Le jeune joueur gaucher de Black Lake n’a pas laissé le fait d’être choix du réalisateur nuire à sa concentration et a mené un dur combat au vétéran de Saint-Eustache pendant la totalité de cette rencontre marathon. À dix coups du vainqueur, Carl termine troisième avec 70. Il a maintenant participé à quatre finales consécutives et n’a su triompher. Finira-t-il par y parvenir ?
[i] Comme c’est Carl qui parle dans cette scène, il ne réfère pas à la nomenclature « Vitesse normale doublement accélérée » utilisée dans le livre pour avoir un niveau de langage plus relevé, mais bien la version « Normale +2 » qu’il inscrit habituellement dans ses carnets de notes remplis pour chaque terrain.
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